Le Musée des horreurs du Centre Georges Pompidou

A l’époque où je n’avais encore aucune dent contre la communauté chinoise – allant même jusqu’à étudier leur langue dénuée de syntaxe, las de ma lutte contre les blattes qui infestaient ma chambre et m’empêchaient de me concentrer, je me rendais, la mort dans l’âme, à la bibliothèque du Centre Georges Pompidou. Bibliothèque, dites-vous ? Certes, on y trouve des rangées désertiques de livres, ainsi que des bibliothécaires à l’air éteint, mais ne doit-on pas plutôt parler d’un abri pour les clandestins, de bains-douches publiques, ou encore d’une back-room ? Petite visite guidée…

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Mieux que Disney Land, le Centre Georges Pompidou.

Mais qui était Georges Pompidou (1911-1974) ?

Ancien directeur de la banque Rothschild, 1er ministre sous de Gaulle, puis Président de la République de 1969 à 1974. Celui-là même qui, en 1973, d’après une idée originale de Valérie Giscard d’Estaing, alors ministre de l’Economie et des Finances, jette la France entre les mains du marché financier, en transférant le droit de création monétaire de la Banque Centrale vers les banques privées.

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Pompidou ne portait pas le col Mao.

A sa forte inclination pour la finance, on peut ajouter une sensibilité particulière pour les Lettres, attestée  par la publication en 1961 de sa pompeuse Anthologie de la Poésie Française, que je n’extrais de ma bibliothèque que par dépit de n’avoir plus rien à lire.

Enfin, son goût pour l’architecture, plus que douteux, se manifeste par la réalisation du monumental, futuriste et infâme Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou, inauguré après sa mort en 1977, et réunissant dans le même bâtiment le Musée National d’Art Moderne – je ne m’attarderai pas sur cette partie du monument comme j’exècre l’art contemporain de manière générale, et la Bibliothèque Publique d’Information. Maintenant, un peu d’histoire de l’art…

Anatomie du monstre

Lorsque, en 1969, les Halles de Paris s’exilent à Rungis, le projet d’un haut lieu de la culture est servi sur le plateau de Beaubourg. Un concours d’architecture retient les croquis bâclés de Renzo Piano et Richard Rogers. Un peu comme pour le festival de Cannes (ou lors de certaines élections), on peut s’interroger sur la validité du scrutin, étant donné le résultat.

Un touriste à Paris s’émerveille certainement devant le plus banal bâtiment de l’époque haussmannienne, à la vue des gracieuses corniches sculptées et des bas-reliefs expressifs de sa façade,  mais que peut-il raisonnablement penser, assis sur le parvis de Beaubourg, face à cette horreur du 20ème siècle, qui évoque plus un aspirateur géant (certains y voient un toboggan) qu’un musée ? C’est de l’art moderne…

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Y a pas photo...

La brochure de présentation le mentionne elle-même : « les gaines techniques, rejetées à l’extérieur, sont habillées de différentes couleurs : bleu pour l’air, vert pour l’eau, jaune pour l’électricité, rouge pour les ascenseurs. » C’est un peu comme si l’on exposait les viscères d’un cadavre débarrassé de sa peau en y ajoutant des colorants. Intéressant d’un point de vue biologique, mais de là à réaliser ce concept à une échelle pharaonique…

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Le rectum.

Si la prochaine révolution doit désigner, tout comme pour la Bastille, un lieu symbolique à saccager, ce monument a toutes les chances de sortir vainqueur du concours une nouvelle fois…

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Et les murs végétaux de ton musée quai Branly ?

Explorons maintenant les entrailles de la monstrueuse bibliothèque.

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N'ayez pas peur, les enfants, entrez....

La Bibliothèque Pudique d’Information

Un territoire hors-la-loi

Après sa mort, Pompidou décide finalement d’œuvrer dans le social ! En effet, vous ne verrez jamais autant de misère dans aucun autre lieu public. Il faut croire que les pauvres aiment se cultiver. A moins que ce ne soit le chauffage et les sièges qui les attirent. Ou encore l’accès gratuit à Internet, pris d’assaut par une foule de terroristes en puissance. Tous semblent très absorbés par leur lecture, mais je devine au fond comme ils se frottent les mains: « Ah ! On est pas mal ici, il fait chaud, c’est moderne, confortable, les filles sont jolies. La France a du bon ! ».

La présence policière est très limitée. Pourtant la bibliothèque accueille quotidiennement pickpockets, clandestins, SDF et autres malhonnêtes gens. Une simple annonce récurrente pour rappeler aux visiteurs de prendre garde à leurs effets personnels, quelques flics en civil disséminés ça et là aux différents niveaux… c’est tout ou presque. Le filtrage des objets métalliques à l’entrée n’est pas rigoureux. A quand la fouille corporelle et le contrôle d’identité ? Aucune mesure n’est superflue quand il s’agit de la sécurité des citoyens.

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Beaucoup de sans-papiers se cachent dans cette bibliothèque.

Une back-room platonique

Comment un jeune étudiant peut-il raisonnablement se concentrer devant cette foule de filles dénudées qui défilent l’air de rien le long des allées comme dans un salon de mode ? J’impute en grande partie la responsabilité de mon échec scolaire à ce lieu où le vice des femmes, avec tout son appareillage de décolletés, jupes moulantes et maquillage outrancier, aiguise ses armes. Les habitués ne démentiront pas : ils doivent leur assiduité à la fréquentation de la gente féminine. Il traîne au-dessus des têtes studieuses comme un relent de fantasme, une rêverie de partouze géante. La même odeur qui remplissait les salles de classe quand je m’imaginais ma prof de maths à poil… suffit ! Un conseil à ceux qui veulent réussir : quittez cet endroit avant que le poison de la lubricité s’insinue dans vos veines. Et fuyez la compagnie des femmes de façon générale.

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Un lieu hanté par le sexe.

Les chiottes les plus sales du monde

Vous venez de finir votre jus de pisse à la cafétéria. Une envie pressante vous prend. Nul besoin de vous indiquer la direction des toilettes, fiez-vous à votre flair. Enfilez votre combinaison, vos bottes et votre masque avant de pénétrer dans cette zone à l’odeur épouvantable, qui imprègne vos vêtements, vous coupe la chique ainsi que l’envie d’uriner, et provoque la nausée même chez les étudiants en médecine habitués à la dissection animale. Essayez autant que faire se peut de dissimuler vos parties intimes à votre voisin de pissotière. Pour la grosse commission, attention : risque élevé de gastro-entérite. Lavez-vous trois fois les mains après vos besoins pour vous prémunir des bactéries véhiculées par les sans-abris, confondant « toilettes publiques » et « enclos à truies ».  Il faudrait doter la sortie d’un sas de décontamination. Toujours vivants ?

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Des dealers de crack dans les toilettes publiques.

Sortie de secours

Ici s’achève la visite de ce Musée des horreurs, foyer probable de la prochaine épidémie de peste noire qui ravagera la planète. Rien d’étonnant à ce que les touristes se massent à l’entrée de ce monument que les guides du monde entier recensent dans la catégorie « curiosités ». Si quelqu’un connaît un lieu plus absurde, plus immonde, plus dévoyé que celui-ci, qu’il lève la main ! Des questions ?

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Et l'art doit chier.

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Libérons le boulevard Ney de la prostitution.

J’ai cru me sortir de la merde quand j’ai décroché cet appart sur le boulevard Ney. En fait, je rebondissais pour mieux m’écraser. Difficile de concevoir le bonheur quand on habite un quartier aussi sordide, à moins de tirer définitivement les rideaux et de condamner ses conduits auditifs avec du ciment.

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Avant, le boulevard Ney, ça avait l’air plutôt sympa.

En effet, quoi de plus affligeant que de prendre chaque matin son petit-déjeuner en face de ces sales putes, qui tapinent même aux horaires de bureau ? J’ai pas encore été faire leur connaissance, et ça presse pas. J’entends déjà leurs fesses claquer dans la nuit. Je me vois mal partir au boulot, sacoche sous le bras, et leur demander poliment au passage: « Comment vont les affaires ? ». Elles comprennent que le russe. Je passe une heure par jour à me branler devant mon écran de PC, mais la vue de ces femmes derrière ma fenêtre me dégoûte.

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Dès que je me tourne vers la fenêtre, elles me font coucou.

Hier, j’ai entendu parler d’une proposition de loi visant à pénaliser les clients. Il faut foutre en taule tous ces nègres qui veulent se taper des blanches, je suis d’accord. Et exciser ces putes. Attends ! Elles nous exhibent leur chatte rien que pour nous narguer ! Je les entends se faire baiser même la fenêtre fermée… Oh ! Ça suffit comme ça. Où va-t-on ? Puis on dirait que tous les clandestins ont établi leur campement ici. Car je vous parle pas de la horde de Roumains et autres sans-papiers qui envahissent notre territoire.

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Les bougnoules aussi aiment les blanches.

Je plains les familles. Comment expliquer à son gosse, un beau soir de réveillon, la présence de toutes ces mères Noël sur le trottoir, en bonnet rouge et  jupe raz-la-moule ? « Elles viennent de Sibérie, fiston, elles ne craignent pas le froid. »

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Doit-on laisser cela à la portée de nos enfants ?

Si, comme moi, débourser plus de 1000 euros de loyer pour un appart pourri dans un quartier de putes, ça vous fait mal au cul, alors unissons nos forces et adoptons des mesures efficaces pour nettoyer la ville de toute cette merde. Car ce ne sont pas les politiques, avec leur nouvelle loi abolitionniste de mes deux, qui vont y changer grand-chose.

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Rentrez chez vous!

Vivons sur le dos de nos vieux.

Je me souviens du temps où je grimpais sur le dos de mon père pour mieux admirer le feu d’artifice du 14 juillet, et je n’avais plus peur des pétards. Je scrutais vaillamment la nuit étoilée, et tout d’un coup je me prenais pour Napoléon, sur son cheval fougueux, en première ligne pendant la campagne de Russie. Je n’allais pas encore à l’école.

Il est loin ce temps où j’avais la tête haute, farcie de rêves de conquêtes. J’ai bien du me résoudre à descendre de ma monture, et observer le monde du bas de ma petite taille. « Papa, laisse-moi monter encore une fois! ». « Non, fils, tu es trop grand maintenant, mon dos est voûté, vas par tes propres moyens. »

Les moyens, parlons-en. Maintenant Papa se dore la pilule à la campagne, à la retraite à 55 ans. Papa jouait au loto deux fois par semaine, élaborant une formule permettant d’accroître ses chances. Il faut croire que Papa, finalement, a gagné. Papa a changé de femme, s’est remarié avec une veuve, partageant avec elle les biens du défunt; Papa a acheté une ruine en Corse, qu’il a fait rebâtir par son gendre. Bon calcul, Papa. L’argent ramassé par ton gendre reste dans le nouveau giron familial. Dis Papa, tu serais pas expert-comptable par hasard ? – Non, fils, tu as loupé un épisode, je suis consultant pour les centrales nucléaires. Mais ma maison en Corse est alimentée à l’énergie solaire.

« Dis Papa, pourquoi ton dos n’est plus voûté? ». « Parce que je suis fier, fils. Pas fier de toi, fier de ce que j’ai fait. » Laisse-moi monter alors, paye-moi tous ces billets d’avion jusqu’à l’Ile-de-Beauté, que moi aussi je me repose un peu. Car j’ai l’air plus fatigué que toi. A 28 ans. Combien de temps est-ce que tu me donnes à ce rythme? Au fait, je comprends pourquoi tu as abandonné ma mère. Elle te montait trop souvent dessus. Tu n’y tenais plus. Tu as choisis une frigide de veuve qui te casse moins les couilles. Merci Papa, mais je n’aime plus le cheval, et je hais ta nouvelle famille, alors ne m’invite pas à leurs randonnées équestres.

Profite bien de ta retraite, Papa.

Maman, je m’associe à ta douleur. Savourons tous les deux notre belle défaite, partageons ce magnifique repas de Noël que tu nous as courageusement décongelé au micro-ondes; mangeons pieusement Picard, et prions pour que ton père à toi rejoigne bientôt la tombe de Marie, décédée il y a si longtemps que je ne sais pas ce que signifie « Mamie-gâteaux ».