Si le porno n’existait pas

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Maman, Papa, ne regardez pas ce clip…

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Raz-de-Marée Bleu Marine

Mon combat pour la sauvegarde de la souveraineté nationale.

Maintenant ça m’fait plus rire

Tous ensemble contre le terrorisme islamiste !

Des amis et des blogs

Je viens de rêver que j’avais écrit un truc bien pendant ma convalescence… Je me suis fait une entorse du médio-pied et j’ai passé un mois à la maison sans rien foutre. Je regardais des séries et des films en attendant les visites de mes proches. Ouais ouais, je sais que tout le monde s’en fout mais c’est bien le principe du blog de raconter sa vie de merde pour que personne ne la lise, nan ?

JE MA Fé MAL O MEDIOPIé !

JE MA Fé MAL O MEDIOPIé !

Si j’avais écrit un truc bien, comme dans mon rêve, je l’aurais sûrement publié sur le blog de mon ami Beaulech. « Littérature sans fioriture »… Ça plante sérieusement le décor, tu sens que le mec est difficile et que la ligne éditoriale doit être pointue… Détrompe-toi ! A défaut de concept clair le mot d’ordre était, à l’inauguration : « Tout le monde peut venir écrire ce qu’il veut ! », génial sur le papier sauf que dans la réalité, y’a deux articles qui ont sauté illico car ils étaient un peu trop vulgaires pour le fin nez du patron… Perso, j’ai toujours respecté la sensibilité de Beaulech et j’ai tâché d’écrire au mieux, soucieux de la qualité de son petit blog. Faut dire que j’en ai publié des trucs et des machins chez lui : des nouvelles alcoolisées à épisodes, des petits poèmes grivois ou métaphysiques, j’ai même chroniqué des émissions télé de merde et déglingué « Game Of Thrones » pour essayer de faire décoller un peu la popularité inexistante de son site. Et alors ? Et alors, pensez-vous, pas un merci ! Pas un avis positif de sa part en plus de 20 posts ! Rien que des « mouais », des moues gênées et des silences… Rien que du mépris ! Le mec ne relaye même plus mes articles sur son tweeter !

A l’entendre, il n’y a qu’un seul auteur qui vaille vraiment le coup d’être publié et lu sur son blog, un seul à qui il tresse des couronnes de lauriers joliment fleuris : c’est sa meuf !
Saine émulation entre les deux amoureux qui nous a donné, au début, des textes intéressants, mais après quelques temps, même la nouvelle égérie du blog ne voulait plus poster dessus, arguant qu’il n’y avait pas assez de réactions et d’enthousiasme concernant sa prose… Ce n’est pas faute de lui avoir expliqué que le site, à la base, n’attire pas les foules et, qu’en plus, je dois être un des seuls à lire ses nouvelles jusqu’au bout !

Objectivité promotionnelle

Promotion objective

Bref, si j’avais écrit un truc bien comme dans mon rêve, j’aurais été publié sur Enquête De Sens et ça aurait donné quelque-chose de ce genre :

Beaulech m’avait rejoint dans un des restaurants de la place Sorbier qu’il affectionnait tant, il portait, avec l’élégance qui lui confère ses origines Turquo-Brivistes, son nouveau blouson de cuir noir luisant et ses bottines préférées. L’agencement des deux mettaient en valeur son blue-jean sombre qui lui serrait les cuisses, à la façon des rockeur Français des années 80. Il prit place face à moi en commandant une pinte de Pils, nostalgique de ce petit goût de République Tchèque où il avait séjourné deux ans, je sirotais mon rosé en silence, nous étions en hiver…
Ragaillardi par le pichet que j’avais déjà presque fini en une petite vingtaine de minutes, j’osai enfin lui poser la fameuse question :

« – Alors Beaulech, quel sens prend l’enquête ?

Il retira ses lunettes à fines branches d’un air grave, passa sa main frigorifiée dans ses cheveux grisonnants en bataille et prit une longue et forte inspiration qui laissait deviner la gravité mais aussi la sincérité de son imminente réponse :

– Je ne trouve plus de sens à l’enquête, ça ne sert à rien… »

Mon ami Beaulech

Mon ami Beaulech en quête de sens

Me voici donc en piste sur Censuré d’avance où je rejoins deux acolytes jadis éjectés du blog sus-mentionné. Ici, c’est pas compliqué, il y a deux auteurs dont un qui n’écrit plus du tout.

C’est bien dommage, car mon ami Le Gwag, ce génie auto-proclamé et scato-scribe hors-pair nous a délivré ici-même quelques perles de goût sur sa matière organique préférée : le caca. Aurait-il déjà épuisé le fi(l)on ? A-t-il vraiment poussé à fond ? Aux dernières nouvelles, il serait trop occupé pour écrire de la prose, affairé et perdu dans les lignes de code informatique… Néanmoins, lui qui ne manque jamais d’ahurissants et passionnants projets, il s’est lancé le défi de créer bientôt une des meilleures BD francophones ! Il dessine comme mon chat et n’a pas une once d’idée de scénario mais il m’a certifié que le début de l’histoire devrait suffire à faire péter les ventes FNAC et le festival d’Angoulême :

« C’est un mec qui glisse sur une merde de chien et qui tombe dans une piscine pleine de merde ! » Mise en abîme ?

Face à son génie, il invente le selfie miroir.

Selfie miroir face au génie

Hey, Le Gwag, si tu arrives à extirper un peu ta tête hors de la piscine de cacarente-deux et que tu me lis, je t’en supplie, reviens parmi nous pondre quelques crottes et fumer des clopes ! (on le dira pas à ta meuf).

Fais méfu ! Fais méfu !

Scred ! Scred ! Fais méfu !

Ça fait un moment que mon ami Santo me tanne pour que je vienne écrire ici. Dans son dernier article, il avoue honteusement s’être fait passer pour juif toute l’école primaire afin d’éviter de bouffer le porc dégueulasse de la cantine… Aujourd’hui, sur son blog, il campe un infâme pervers sexuel, misogyne épidermique et totalement raciste ! Depuis sa plus tendre enfance, c’est une technique de survie comme une autre, il ment sans relâche sur sa nature afin que l’on s’apitoie sur sa pauvre personne. Hier, pauvre petit descendant des rescapés des camps de la mort, aujourd’hui, loser envieux et haineux victime du Nouvel Ordre Mondial. Je vous rassure, tout ceci n’est qu’une fine posture propice à déverser son « Humour noir sans faux-semblants ». Santo a le mérite d’être constant dans le grand écart et intraitable sur ses changements d’avis multiples. Seulement, pour apprécier ses saillies comiques, il vaut mieux connaître personnellement l’animal !

Beaulech & Santo refont le monde

Beaulech & Santo refont le monde

Si vous l’aviez vu… Commencer la musique, arrêter la musique, reprendre la musique, l’arrêter de nouveau (et c’est pas fini)… Attaquer un nouveau boulot, démissionner, le reprendre, le quitter définitivement pour attaquer un nouveau boulot, démissionner etc… Même médecine avec les gonzesses, il peut triompher trois mois durant, de multiples conquêtes de toutes sortes à son bras, avide de coïts hasardeux, buvant et pinant à la gloire d’Éros et d’Aphrodite, pour redégringoler  trois jours plus tard après quelques râteaux et jurer que jamais plus on ne le reprendra la queue dans un vagin ! Parfois, en soirée, il me présente comme son « meilleur ami et poète de talent », d’autres fois, seulement comme « un enculé ».

UP & DOWN

UP & DOWN

Dans le fond, c’est un gentil nihiliste qui est certainement passé à côté d’une jolie carrière de vagabond tazzé à faire le tour d’Europe des soirées drum’n’bass en camionnette. Il a revendu au Cash Express le costard qu’on lui a offert pour ses 30 ans pour se prendre  deux nouveaux sweats à capuche, il a le swagg crade du charclo manqué dans son manteau marronnasse et il emmerde tout le monde ! Avec le temps qui passe, je me sens lentement glisser sur la même pente que ce singulier personnage et je ne peux m’empêcher de lui trouver du panache… Respect à toi Santo ! Fuck les codes sociaux ! Fuck le qu’en-dira-t-on ! Fuck les branchés, les politiques et toutes ces salopes de merde ! Fuck tout ! De toute manière, on s’en fout, Depardieu est avec nous !

Néanmoins et afin de sauver les apparences, j’ai pensé que nous pourrions profiter de la mode du Mariage Pour Tous afin de nous racheter une réputation de mecs normaux et éviter de perdre trop rapidement nos amis respectables. Nous ferions un très beau couple de pédés platoniques (#pdnosex) et si on a de la chance, on pourra même adopter rapidement un petit Philipinoir trop mignon et les rendre jaloux !

J’ai déjà une formation d’éboueur !

Ils ont tué Dieudonné !

Tue_Dieudo« Vous écoutez Franche Info, il est neuf heures moins dix. Les actualités présentées par Marx Heudebert : « L’humoriste Dieudonné retrouvé mort cette nuit à son domicile. Le ministre de l’Intérieur, prévenu par le préfet de police dans la matinée, s’est rendu directement sur le lieu du drame pour établir un périmètre de sécurité. « La conquête va se poursuivre, tous les moyens sont bons pour désigner des coupables, la piste terroriste n’est jamais écartée », a déclaré Manuel Valls devant les journalistes de la Chaîne Parlementaire… Bernard-Henri Levy porte-parole du soutien français à l’opposition ukrainienne… »

Je l’avais prédit. Depuis le temps que j’attendais. Dix ans que ça traînait. Mes amis avaient rigolé : « Mais non, t’inquiète, ils iront pas jusque là. Tu comprends vraiment rien. » Ce qui devait arriver est arrivé : ils ont tué Dieudo.

BHL a un alibi...

BHL a un alibi.

Quoiqu’en dise l’enquête, tout le monde devine aisément qu’il ne s’est pas suicidé. Pour la mort de Coluche, le doute subsiste, comme ce dernier était  amateur de drogues et de sensations fortes. Mais Dieudo, lui, était un saint, il pratiquait même le Taï-Chi ! Pourquoi se serait-il entouré d’une bande de néo Black Panthers en guise de gardes-du-corps s’il ne tenait pas à la vie ? Aujourd’hui est un jour grave pour la France : les Juifs ont assassiné Dieudonné.

Dieudonné savait sa vie en danger...

Dieudonné savait ses jours en danger.

Pauvre de moi, qui n’ai jamais pu le voir en chair et en os, l’entendre, le toucher du bout des doigts, tant le prix d’une autorisation de se poser en face de ce Dieu-pas-donné était exorbitant ! Quarante euros pour voir un noir fondu sur scène ! Quarante-trois euros pour un DVD non censuré ! Ah ! Si j’avais pu prévoir le moment de sa mort ! J’aurais mis de côté ! C’était quand même le plus doué des visages-négroïdes ! Ça m’aurait changé des confrontations au commissariat !

Il ne me restait plus qu’à me rendre, une fois par mois, à la scène ouverte de son régisseur lilliputien Jacky Sigaux au Fist d’Or (passage du Fist d’Or, Paris 11ème), gratuite par principe anti-sémite. On devait s’y contenter de mauvais pastiches, interprétés par des fanatiques de la Quenelle (C) et du « Ta-gueule » adressé au public, deux marques de fabrique du Maître. J’y attendais vainement une apparition, un miracle…

Jacky Sigaux : le prochain sur la liste ?

Jacky Sigaux : le prochain sur la liste?

Quand je pense que tout petit, à l’école, je me faisais passer pour un Juif afin d’éviter la saucisse de porc dégueu de la cantine. Dieudonné, lynché par une horde de voleurs ! Qui n’acceptent pas qu’on fasse du business sur leurs dos ! Aujourd’hui j’ai honte d’être un ex-faux Juif !

Préférez-vous la saucisse...

Préférez-vous la saucisse…

J’accuse tous les Juifs d’être les auteurs de ce meurtre abominable ! Tous les Levi, les Cohen, les Klarsfeld, Séfarades, Ashkénazes et autres Youpins de la LDJ… tous des traîtres assassins, tous coupables, vous m’entendez ! Vive Mbala Mbala !

Amis écrivains, à vos plumes ! Si la Quenelle (C), huit ans après l’introduction de ce geste obscène sur la scène du théâtre de la Main d’Or, est entrée profondément dans les mœurs de la société musulmane pro-palestinienne anti-sioniste française, les rumeurs sur le meurtre imminent de l’humoriste afro-français le plus populaire de l’Hexagone vont bon train, et il ne fait aucun doute que les spéculations littéraires sur les conditions de sa mise à mort marqueront l’Histoire du Roman d’Anticipation. Envoyez votre version du sacrifice de Dieudonné au Crif avant le 1er avril 2014 (le cacher du rabbin faisant foi), et gagnez un aller sans retour à Jérusalem (le scénario de l’homicide, dactylographié, ne doit pas comporter d’empreintes digitales ; fournir une attestation de circoncision de moins de trois mois).

ou la quenelle ?

… ou la quenelle ?

Manifeste pour une vie plus intéressante.

Je me suis toujours demandé comment mon meilleur ami, individu pourtant doué d’une certaine intelligence, s’était auto-persuadé qu’il avait le pouvoir d’effectuer des voyages astraux.

« Je suis allongé, les yeux fermés – mais pas endormi, ça non, parce que je contrôle tout! Donc soudain je m’échappe de mon corps, je grimpe au mur et au plafond, je rampe comme dans « La mouche » de Cronenberg, ouais, tu l’as vu, et je m’observe de là-haut. Après je me ballade dans les différents étages de l’hôtel, puis je me jette par la fenêtre du 5ème, tranquille, je lévite, je regarde l’enseigne 4 étoiles, fièrement. A la fin je me réveille. Voilà. »

J'ai un ami épatant.

J’ai un ami épatant.

Après une écoute attentive et minutieuse de ses pérégrinations, et malgré toute ma bonne volonté, je n’arrive pas à discerner la différence entre  ce fantastique voyage dans un hôtel parisien cosy décoré dans le style néo-colonialiste, et un rêve éveillé de veilleur de nuit insomniaque.

La réponse est pourtant simple : cet homme s’emmerde profondément.

Puisque je te dis que je dormais pas !

Puisque je te dis que je dormais pas !

Il s’embête tellement bien qu’il s’est inscrit sur Adopte un mec.com une nuit en rentrant chez lui bourré – ne sachant plus trop aujourd’hui s’il doit en avoir pour son argent maintenant que son compte a été débité -, qu’il a tout autant des velléités de devenir délégué du personnel pour se faire mousser auprès de ses collègues que de suivre une formation de barman pour affiner son art de la mine, qu’il s’est fait livrer un imposant vélo elliptique qui n’a servi qu’un mois et qui encombre désormais son salon grossièrement, inutilement, un peu à son image peut-être… Sa dernière lubie : passer le permis. Ici je renvoie le lecteur à cet article d’un second ami pour lequel j’ai également beaucoup d’affection, mais dont je n’évoquerai pas le cas par peur d’ennuyer le lecteur, et souhaite bien du courage au premier, car dans cette affaire-ci, la somme en jeu est considérable.

De mon côté, je regrette que la vie consiste essentiellement à ne pas me retrouver à découvert à la fin du mois, à travailler quotidiennement pour combler mon déficit, à m’oublier chaque quinzaine dans une soirée quelconque pour ponctuer l’ennui, puis à reprendre le boulot le lendemain, contrit et repentant de m’être écarté un bref instant du rond-chemin.

J'ai encore craqué hier soir...

J’ai encore craqué hier soir…

Je regrette que ma vie ne présente pas plus d’intérêt. J’ai essayé pas mal de choses, tromper ma femme, dormir dans la rue, me taper une pute, écrire un blog satirique, chanter dans le métro… Ma vie est toujours aussi décevante, et j’en reviens fatalement au même point : il faut partir bosser !

Certes, par la diversité des formes d’ennui que propose la société post-moderne, nous pourrions nous réconforter en nous croyant unique : mais enfin que penser de l’étudiant assis à ma droite tout à l’heure à la Bpi, plongé pieusement dans son manuel de chinois, rédigé par madame Hoa, cette même sorcière qui me gavait d’idéogrammes en 2003, alors que je balbutiais dans l’art de chercher un sens inédit à l’existence, rêvant d’évasion et de grandeur dans l’Empire des Petites Bites ?

J'ai tout essayé.

J’ai tout essayé.

Je ne sais plus. On peut quand même tirer de tout cela une observation politique  : la courbe des adhésions au Front National ainsi que celle de l’ennui ont sensiblement la même propension ascendante, sans que l’on ait osé jusqu’à maintenant établir un lien de cause à effet à ce phénomène, peu rassurant pour le petit bourgeois qui sommeille en chacun de nous – ou plutôt qui nous endort.

Courbe de l'ennui / Courbe du FN

Ennui / Adhésions au FN

Car ce qui est beau, ce qui nous attire, nous élève, c’est l’extrême, la pureté, n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas rêver d’une fraîche blonde à la chevelure ondulée et à l’accent sincère du Nord, plutôt que d’une fade métisse à l’odeur indéfinissable ? Pourquoi sans cesse nous gaver de chocolat au lait alors que le noir se casse bien plus franchement ? Pourquoi toujours chercher des noisettes au milieu ? Autant de périphrases par lesquelles je vous annonce à court terme, j’en suis sûr, la Bonne Nouvelle, le retour de l’Histoire, la fin d’un règne suranné, celui de la 5ème République. Vive la famille Le Pen !

Les blanches mon frère, les blanches.

Les Blanches mon frère, les Blanches.

Êtes-vous un véritable Artiste Maudit ?

Les hommes ont tendance à prendre leurs fantasmes pour des réalités. Je sais de quoi je parle, j’en suis le parfait exemple. Persuadé de l’immensité de mon génie, je sublime ma débâcle en m’inventant une tragédie dont je serais le héros. C’est tellement facile de cracher sur le succès quand on en n’a pas : « La société n’est pas prête, les gens n’aiment pas qu’on leur dise la vérité, les Juifs dominent le monde etc… » Plutôt que de s’avouer médiocre, on préfère donner une cause mystique à son échec. Le raté s’auto-proclame ainsi Artiste Maudit. Situation assez confortable s’il en est, car peu exigeante en terme de réussite, tandis qu’elle vous place aux côtés de figures telles que Mozart ou Van Gogh dans le Panthéon des damnés.

Artiste Maudit CopyrightRassurez-vous, donc, si votre œuvre n’a aucun retentissement aujourd’hui, peut-être faites-vous partie des heureux élus dont le nom sera sanctifié dans les siècles des siècles à venir. Puisqu’il est difficile de juger soi-même de son propre talent, voici un test bref et efficace pour vous aider à mieux définir les causes de votre mauvaise fortune. Certains pourront ainsi épargner les lecteurs de torchons inutiles, et s’orienter vers d’autres carrières, plus en adéquation avec leur personnalité… Il n’est jamais trop tard.

– Avez-vous déjà voté pour l’un des candidats suivants : François Hollande, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon?

– Avez-vous déjà souscrit un don pour une ONG quelconque?

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A ce stade, si vous avez déjà répondu une fois « Oui », je vous conseille d’abandonner toute velléité artistique ou littéraire. Un séjour humanitaire vous fera sans doute le plus grand bien. Vous n’êtes pas concerné par la suite de ce questionnaire.

– Vous vous considérez poète. Avez-vous déjà écouté de votre plein gré un titre de l’un des chanteurs suivants : Alain Souchon, Laurent Voulzy, Vincent Delerm, Bénabar?

– Vous vous considérez écrivain. Avez-vous déjà lu un ouvrage de l’un des auteurs suivants : Michel Houellebecq, Frédéric Beigbeder, Amélie Nothomb, Jean d’Ormesson?

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Vous commencez à comprendre le principe du test. Chaque « Oui » est une preuve accablante de votre manque d’audace et d’originalité. Vous êtes assez stupide pour consolider les richesses colossales de charlatans. Vous croyez encore au bonheur, et ne comprenez pas l’idée de fatalité. Ce qui vous positionne très loin de l’Artiste Maudit.

– Trouvez l’intrus parmi les célébrités suivantes : le Dalaï-Lama, 2 Pac, Bruce Lee, Bernard-Henri Lévy, Pelé, Gandhi.

2pac  bruce lee  gandhi peleDirector Levy and two unidentified men pose during a photocall for the film Le Serment de Tobrouk at the 65th Cannes Film FestivalTibetan spiritual leader the Dalai Lama speaks at a news conference in Yokohama

Il y a en fait deux intrus : BHL et le Dalaï-lama, tous deux beaucoup moins sages que les autres. Bravo à ceux qui ne sont pas tombés dans le piège! Et maintenant, dernière question. Si vous visez juste, vous êtes sur la bonne voie pour devenir un véritable Artiste Maudit :

– Mon questionnaire vous a-t-il convaincu ?

Attention à ce que vous allez répondre…

Bonne Fin du Monde.

alf fete

J’ai fait ma petite enquête. Tout le monde souhaite la Fin du Monde. Ou presque. En ville en tout cas. Ce que les gens sont positifs ! On leur balance que la Terre va exploser le 21 décembre, et ils sont contents !  « L’Humanité est allée trop loin. » Je trouve ça un peu facile. Et qu’est-ce qu’on nous promet après l’Apocalypse ? Rien. Le néant. C’est tout ce qu’il nous reste. Le Paradis est passé de mode. Dieu n’est plus très inspiré. Ainsi soit-il !

– Allô ? Tu fais quoi le soir du 21 ?

– Je bosse.

– Allez ! C’est la dernière soirée de l’Humanité. Je prépare une grosse orgie. Chez moi. Je paye ma chatte.

– Et si la Fin du Monde n’arrive pas ? Je perds mon job ?

– Ce que tu es rabat-joie ! Positive un peu !

– Ok. Faut ramener quelque chose ?

– Ouais, des capotes. Par respect pour les autres.

– Hein ?

– « Bip… »

Les femmes sont des salopes. Elles attendent le moment ultime pour faire ce pourquoi elles sont nées. Alors que les hommes, en général, sautent sur la moindre occasion, quand celle-ci se présente. Le 21, donc, plus question d’amour, de romantisme à l’eau-de-rose, ou d’érotisme à deux balles. Seulement du pur Gonzo. Tout dans la performance. Jouir un max. Si possible en même temps que la planète.

Le soir S, j’ai prévenu le bureau de mon absence. « Pas de souci ! », on m’a répondu et raccroché au nez. Je ne m’étais pas masturbé de la semaine, je contenterais ma partenaire plusieurs fois sans problème. J’admirais ma queue bien raide en face du miroir. Madame serait ravie ! J’ai enfilé mon boxer le plus moulant, mon unique paire de chaussette non trouée, et le reste était sans importance. J’ai failli oublier les capotes.

Me voici à la sortie du métro Colonel Fabien, boulevard de la Villette. 20h. Tout est calme. Inchangé. Quelque chose m’échappait. Et si elle délirait ? En fait, peut-être que tout cela n’était qu’une vaste plaisanterie. « C’est la dernière soirée de l’Humanité », la bonne blague ! « Je paye ma chatte, sois positif ! ». Elle s’était payé ma tête une nouvelle fois, la salope. Ça n’allait pas se passer comme ça.

Du coup j’ai déboulé comme une furie devant chez elle. J’ai frappé comme un tordu. Elle a ouvert ce qui restait de la porte.

– T’as pas remarqué qu’il y a une sonnette ?

– Salut !

– T’es en avance.

– Ta gueule. Laisse-moi entrer.

L’appart était dans son état normal. Elle aussi. Elle m’a indiqué le canapé.

– Qu’est-ce que je te sers ?

– Rien. Ce sera très bien. Que font les autres ?

– Ils ont annulé. Pour une autre soirée.

– Parfait.

– Tu as faim ?

– J’ai mangé avant de venir… On passe aux choses sérieuses ?

– D’accord. Tu m’accordes deux minutes ? Il faut que je passe à la salle de bain…

Tout s’est déroulé comme prévu. Elle a enfilé sa lingerie sexy dans la salle de bain, elle est revenue dans le salon avec sa démarche de salope, elle a baissé mon pantalon pour me sucer profondément, puis je lui ai bouffé la chatte avant de la prendre en levrette, et je l’ai prise par le cul, pour me finir dans sa bouche de salope. Le même scénario répété tant de fois que possible. Seulement la Terre n’a pas explosé.

Le lendemain, je me suis pointé sentant le sexe au bureau.

– Bonjour, Monsieur Santini, vous avez passé une bonne soirée ?

– Excellente, merci.

– En bonne compagnie, j’espère ? Ce n’est pas tous les jours le 21.

– On ne peut meilleure.

– Bien ! Je suis ravi pour vous. La prochaine fois, évitez de m’appeler pour me prévenir de votre absence. Le travail nocturne est suffisamment pénible. J’ai décidé, à compter de l’année prochaine, de fermer l’agence le soir du 21 décembre en lieu et place du 31. Vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’espère ?

– Aucun, Monsieur.

– Bien. Et maintenant, au boulot !

Lettre de motivation.

Depuis que m’est venue la brillante idée d’interrompre mes études, n’ayant pas même obtenu ma licence, je vis ce qu’on pourrait appeler un cauchemar. J’en apprends chaque jour un peu plus sur moi-même, et cette sentence résonne comme une fatalité sur ma destinée: je ne suis pas fait pour le travail.

Par travail j’entends toute tâche qui ne nous est pas profitable. Il est plutôt réjouissant de cultiver son potager sous le soleil du Midi (prendre garde que les sangliers ne viennent trifouiller la nuit). Construire sa propre cabane, partir à la pêche, cueillir les champignons… sont autant d’activités épanouissantes. Mais se lever à quatre heures du matin, supporter la sale gueule de son chef d’équipe, effectuer un job stupide et épuisant, le tout en risquant un bras et pour un salaire minable permettant tout juste de rembourser les agios à sa banque, je vous le demande, est-ce une vie?

C’est toujours pareil. Les premiers jours, j’arrive comme un touriste, je fais connaissance avec tout le monde, on me montre comment ça marche. « Une nouvelle aventure commence! » me dis-je (saison 8, épisode 5). Je suis enthousiaste et plein d’espoir pour l’avenir. Les collègues m’offrent une cigarette, me demandent d’où je viens, puis arrivent les premières vannes sur mes origines corses… « Le boulot c’est le seul arbre qui pousse pas en Corse », « Le bois corse c’est le seul qui travaille pas », hahaha… J’essaie de sourire, de répondre, d’agiter les bras, mais je m’aperçois vite que quelque chose cloche: je suis entouré de beaufs qui ne savent pas aligner deux phrases sans commettre une faute ni débattre d’un sujet plus élevé que le prochain match de la Ligue des Champions. Désagréable sensation de retourner au collège – une des pires périodes de ma vie.

« Santini! », ça y est, je suis repéré. « Tu te promènes? Va plutôt aider les autres à décharger la merde. » On me surveille, on me jauge, on évalue mes capacités de travail et d’intégration. Les réflexions faites à mon égard commencent à me stresser, je perds mes moyens, le job me mine peu à peu la cervelle, j’y vais à reculons, tête baissée… Mère, pourquoi m’as-tu inscrit à ces cours de danse classique quand j’étais petit! Ne vois-tu pas maintenant comme je suis sensible, par ta faute! J’aurais dû continuer, c’est sûr. Entouré de mômes caoutchouc plutôt que de brutes épaisses . Mais on ne peut pas revenir en arrière.

En général, je craque le premier. Je n’ai jamais réussi à me faire virer. Parfois même les collègues semblent surpris de mon départ.

– Qu’est-ce qu’il est devenu?

– Je crois qu’il fait ambulancier.

– Non, il est rentré au pays. Batifoler dans le maquis.

Tu parles. Le solde tout compte, grosso merdo. E basta. T’as trois semaines pour te retrouver un job pourri. Avec d’autres connards. Qui sont là depuis des années. Qui veulent pas de toi. Parce que t’es pas du même milieu. Parce que tu fumes pas de shit, parce que t’aimes pas le sport, parce que tu parles pas comme eux, que sais-je…Quant à ma dernière expérience dans le monde merveilleux de Générale Décors, je crois que je ne manquerai à personne. « Ton histoire, ça va pas durer longtemps », remarque ô combien visionnaire de mon chef d’équipe Karim (à qui je dois ma haine du groupe 113)! Moi qui espérais obtenir le statut d’intermittent et me barrer au soleil…

A travers toutes ces expériences professionnelles (je suis expert en rédaction de lettres de motivation), j’ai quand même appris énormément sur l’Être Humain et la Société. C’est le côté positif. Maintenant, je sais que quand on a été éduqué comme une poule mouillée, parmi les singes bien dressés, il faut rester dans la basse-cour. Rien ne sert de vouloir jouer les Jack London avec sa bite et son couteau. Eux, ils ont les mains. Toi tu as un cerveau, capisce?  Enfin, ce qu’il en reste.

De la difficulté d’ouvrir un livre.

Lire un bouquin, c’est en quelque sorte un combat que je livre contre moi-même, contre ma flemme, contre mon désintéressement général. La télévision est meilleure pour ça : pas besoin d’être courageux. Souvenez-vous de l’air résigné de votre mère, épuisée par son double labeur d’institutrice et de cuisinière à domicile, capitulant devant votre père incapable, jadis cadre dynamique, irrémédiablement affalé sur le canapé: « Chéri, qu’y a t-il de potable à la télé ce soir? » – symptomatique du couple qui ne jouit plus beaucoup. Et vous, enfant angoissé plein de vie, qui crevez d’envie de vous blottir contre vos géniteurs jusqu’au petit matin, et qui vous entendez répondre : « Mon poussin, tu as école demain. D’accord pour le premier épisode, mais après, au lit. » Génial! Je vais pouvoir mater la 7ème saison d’X-Files, avec son lot de bonshommes-verts, d’agents secrets et de chatte rousse en tailleur réglementaire.

Non, lire c’est autre chose. Je n’y arrive pas. Sur dix bouquins que j’emprunte à la bibliothèque – acte d’une grande bizarrerie pour une part non négligeable de la population française, je parviens difficilement à venir à bout d’un seul. Celui-là, je ne l’achève que petit à petit, ses lettres d’imprimerie me piquent les yeux, me brisent la nuque, c’est une lutte acharnée qui peut durer trois à six semaines, pour un livre de deux cent cinquante pages environ. Je l’emmène aux chiottes et me retiens de lui tirer la chasse dessus, tant la longueur de certaines phrases m’exaspère. Je me le trimballe dans le métropolitain, mais suis étourdi par le va-et-vient des passantes stringuées (du verbe stringuer: mettre un string), au point d’oublier un personnage d’un paragraphe à l’autre. Les livres gagnent contre moi à l’usure.

Dans cette ville où tout est là pour nous distraire – foule, affiches, sons, discussions, lingerie, nichons, fesses, bosses – il est difficile de s’accorder au ralentissement de la lecture. Vivre avec un livre, c’est un peu comme se changer en vache. On broute les mots, gentiment, nonchalamment, on devient végétarien, au lieu de croquer la vie à pleines dents, comme une bête féroce. On remue la queue de temps en temps, on s’impatiente dans son lit, on se dit qu’il serait bon de se foutre un thermomètre dans le cul ou de se lever définitivement.

Mais voilà. Il faut bien entretenir son imaginaire, faire travailler sa matière grise, méditer un tant soit peu… Le cerveau se met donc en branle, prend de la vitesse, s’adapte au rythme de l’écrivain qui nous impose sa croisière – alors mieux vaut que celui-ci nous fasse bander directement, parce qu’on a pas de temps à perdre. La formation doit être de courte durée. Si le lecteur n’est pas à la hauteur, que l’éditeur le prévienne de suite, avec un indicateur du degré de difficulté, pourquoi pas, comme cela existe pour les méthodes de langue. Combien de fois ai-je été anéanti par un contenu incompréhensible, après un effort surhumain de plusieurs chapitres? Prenons Le Festin Nu de William Burroughs, par exemple. Ne faut-il pas déconseiller toute personne qui ne serait pas un ex-soixante-huitard shooté à l’héroïne de parcourir cette énigme dénuée de sens? J’ai perdu soixante pages de ma vie… A contrario, un bon petit L.A. Confidential de James Ellroy, avec ses ripoux, ses politiques véreux et ses putes battues, se rapproche plus de la réalité, non? La plume réaliste tranchée au couteau, plutôt que le délire indéchiffrable d’un camé de Saint-Anne sur-diplômé. Chacun son goût.

Non, vraiment, lire, c’est important. J’en suis d’autant plus convaincu depuis que j’ai observé des jeunes de té-ci interrogés à propos du clash entre Booba et Rohff. Ces deux rappeurs ont bien saisi le pouvoir des mots. Grâce à leurs textes d’une rare sagacité, déclamés dans un novlangue appauvri mais élégamment accentué, ils se disputent maintenant le haut du pavé, juste en-dessous de François Hollande. Inutile de préciser que Rohff représente désormais l’interlocuteur privilégié des jeunes voyous en cas de nouvelles émeutes, loin devant Valérie Fourneyron.

Chers lecteurs, imitez ces deux chanteurs, parcourez le Coran, sniffez tout ce qui vous tombe sous le nez, entretenez cet imaginaire paradoxal et décadent qui constitue notre mémoire collective. Bientôt, lorsque le français ne sera plus qu’une langue morte, nous pourrons comparer fièrement ces artistes à Rimbaud et Verlaine.